Devenir dominicain

La vie religieuse n’est pas une échappatoire à la vie du monde, ni un refuge. Elle demande une préparation longue et un discernement spirituel et psychologique car elle signifie une manière d’être à Dieu en suivant le Christ comme modèle par le moyen de l’évangile, la prière et la communauté. Elle est une source de satisfactions et de joies malgré une renonciation à bien des satisfactions légitimes. Elle est une bonne nouvelle et une immense joie de pouvoir la vivre car nous essayons là où nous sommes d’être heureux de Dieu.

L'être religieux de se caractérise davantage par ce que l'on est que par ce que l'on fait.
 

Qu’est-ce à dire ? L’être religieux se caractérise davantage par ce que l’on est que par ce que l’on fait. Etre religieux c’est être un homme… marqué par les courants et les questions qui traversent la société (sécularisation, modernité, choix éthiques…) en confrontation avec les valeurs évangéliques et la personne du Christ. Avoir un bon équilibre affectif et psychologique, être lucide sur ses capacités et ses limites, être capable de relations humaines équilibrées, être généreux, doué d’audace et autres qualités humaines. Etre un homme… en chemin dans la Foi, soignant sa relation à Dieu par la prière personnelle et commune, avec le désir de continuer sa quête de Dieu et de la qualité de vie spirituelle. Etre un homme marqué par le souci de la vie communautaire et la volonté de faire ‘mission commune’, avec une forte adhésion aux projets de l’Ordre, lien privilégié avec l’Eglise.Toutefois, reconnaissons que, la vie religieuse, c’est d’abord une séduction de la personne du Christ qui nous ouvre une vie en plénitude et surtout ne se décourageant jamais de nos trahisons. il semble possible d’affirmer que la vie religieuse se centre sur la Personne du Christ (Attachement au Christ, faire l’expérience personnelle du Christ). C’est lui qui donne sens car la vie religieuse est d’abord un attachement qui rend possible les détachements nécessaires.

A la base, il y a un amour. De là découlent un ‘faire’, une mission, une action. La vocation religieuse est une vocation de cheminement et une vocation de pionnier : oser ! Surtout dans la Foi et l’Espérance. C’est pourquoi nous pouvons dire que les religieux sont des êtres passionnés et amoureux d’une rencontre toujours nouvelle avec Quelqu’un qui a un visage d’homme et qui s’appelle le Christ. Des hommes qui osent, qui risquent la rencontre avec quelqu’un qui a partagé leur humanité pour les unir à sa divinité. En ce sens, la vie religieuse a sa place comme un cœur qui bat au sein de l’Eglise et du monde. Les religieux doivent être des amoureux du monde car leur vie est un antidote contre la morosité, la peur et la violence. Antidote encore contre l’indifférence. Lieu privilégié de respect du mystère de chacune et chacun. Ils sont des témoins, des hommes et des femmes de la vérité et de la liberté. Ils sont également des frontaliers, des passionnés des frontières où ils aiment aller. La vie religieuse n’est donc pas vécue pour nous-même mais pour le monde entier. C’est cela la joie de vivre pour Dieu et d’être un instrument pour mieux approcher les autres et les aider à trouver Dieu. De plus, pour saisir ‘l’être religieux’, il faut une mystique c’est-à-dire un regard inspiré par l’Esprit Saint sur la vie des hommes parce que vivre sa consécration religieuse, c’est dire oui jour après jour à ce que nous croyons que le Seigneur attend de nous dans les situations concrètes de la vie, dans la radicalité : notre amour veut être total, sans exclusive ni repli sur soi. Nous désirons entrer dans l’œuvre de Dieu qui réalise son projet d’amour dans l’humanité : être serviteurs du Verbe incarné, entièrement donnés au Seigneur. Nos vœux nous donnent une grande liberté et disponibilité pour réaliser notre consécration religieuse au service de la Mission. Jésus propose un choix libre de le suivre pour annoncer le Royaume avec des frères et sœurs fragiles et divers comme les auditeurs et croyants de son temps. Notre vie religieuse s’exprime en fait surtout par la vie commune. La vie de communauté, est le grand bienfait que nous pouvons recevoir de la vie religieuse. Elle est l’expérience d’une vocation commune, dans la diversité de nos caractères, histoires personnelles, âges, langues et cultures, mettant l’accent sur la communion à construire entre nous par l’amour mutuel. Elle suppose le dialogue, le partage mais aussi l’obéissance et la liberté. La vie religieuse signifie une vie au sein d’une communauté où il y a des échanges confiants et vrais qui aident à vivre heureux et à découvrir ce que nous avons à vivre personnellement avec les risques d’individualisme, d’égocentrisme en raison de l’épanouissement de la personne (éventuellement ensemble) au service de nos sœurs et frères humains dans la société d’aujourd’hui – en lien avec la grande communauté du Peuple de Dieu.

Notre fraternité nous unissant les uns aux autres et marquant une solidarité profonde, est toute tournée vers une vie évangélique qui se nourrit de notre prière communautaire.La vie de prière est le lieu où nous essayons de laisser Dieu prendre la première place dans notre vie, lieu de conversion et de lutte où peu à peu notre cœur se fait docile à son Esprit. Les temps de prière commune permettent la croissance spirituelle personnelle et redisent la primauté de Dieu dans notre vie. Le statut fraternel de la vie communautaire pourra d’ailleurs parfois être un garde-fou à une imagination trop pieuse.C’est dans la perspective de notre mission que nous sommes heureux d’être des religieux. Pour certains, la mission est d’accueillir un Dieu qui se fait proche de notre condition humaine et de notre cœur et témoigner de la place de Dieu proche autour de nous, spécialement vis-à-vis des plus pauvres. Chaque ordre ou congrégation cherchent à annoncer le Royaume avec des frères et sœurs fragiles et divers. Une vie de service ou de mission qui se traduit dans des formes très diverses. Un mot résume bien cette attitude : être FRERE. Cette fraternité se réalise dans une communauté religieuse précise qui son but inscrit dans une règle de vie et qui pourra répondre la plus à sa propre vocation ou à son idéal de vie.

Philippe Cochinaux

«Il n’y a pas de réponse à la question du sens de la vie religieuse".T u es jeune ? Ce n’est pas ça qui compte pour la vie religieuse, si tu n’es pas très souple d’esprit et si tu ne peux pas vivre en communauté. Il n’y a pas de réponse à la question du sens de la vie religieuse. Toute réponse autre que la tienne, n’est qu’en partie valable, - pourvue qu’elle soit déjà intéressante. Mais j’ai une question, moi : Est-ce que tu as déjà vécu la tension – je ne dis pas ‘la relation’ mais ‘la tension’ – entre d’une part, s’insérer dans la vie, dans les questions et les soucis des gens, dans l’évolution, les crises, les avancées de nos sociétés, et d’autre part se distancier de tout cela pour accueillir le plus profond de notre être et cet Au-delà qui semble nous avoir touchés ? As-tu envie de chercher celui ou celle que l’on désigne avec le mot ‘Dieu’, de partager avec d’autres les significations qui se prononcent à partir de ta recherche et de vivre ces conséquences en communauté ? Il faut savoir que tu prends un risque ici...

Mark Butaye

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